Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 17:28
L’un des inconvénients du travail mené par les Netscripteurs est qu’il prend beaucoup de temps, et cela à tous les niveaux, de la lecture et sélection du manuscrit à la finalisation et commercialisation de l’ouvrage, sans parler des tâches indirectes (site Internet, gestion…) ou des travaux réalisés en parallèle pour financer les projets…
D’une part, il y a une multitude de choses à faire, d’autre part, ces choses prennent elles-mêmes beaucoup de temps lorsqu’on choisit d’y consacrer le temps nécessaire pour les accomplir au mieux…
Dans une société où tout va très vite, cette démarche peut paraître surprenante. Mais notre credo, c’est la qualité, il en va de notre crédibilité, et par là de celle de nos auteurs. Cela n’est pas évident pour des auteurs dont le rapport au temps est accéléré et qui ne se représentent pas forcément la masse de travail que représente l’édition d’un livre dont le texte est à « peaufiner »…
Il faut se soustraire au sentiment d’urgence, pourtant omniprésent, pour prendre de la distance, permettre au texte (et aux annotations et remarques de l’éditeur…) de cheminer dans l’esprit de l’auteur, sans oublier que lui aussi a ses propres impératifs chronophages : des études en cours ou un emploi, un stage, un job d’été, voire tout simplement un coup de blues ou une panne d’inspiration…
Une fois la collaboration engagée avec un auteur, nous avons à cœur de le tenir informer de là où nous en sommes (même, et d’autant plus, si le travail sur son ouvrage est temporairement « en attente »), et de chaque étape en cours (même si l’auteur n’y a pas une part active, comme pour la fabrication par exemple). Nous considérons que cette connaissance du processus en lui-même est importante (et tant pis si, ça aussi, cela prend du temps…).
Par ailleurs, si le manuscrit d’un auteur n’est pas retenu, nous souhaitons lui renvoyer autre chose qu’un simple refus lapidaire : les atouts et les points faibles de son texte, nos réflexions à son sujet, d’éventuels conseils ; c’est-à-dire des éléments dont il pourra se saisir, qui lui permettront de garder confiance en soi, tout en comprenant mieux notre décision. En effet, le choix de publier ou pas tel manuscrit est propre à chaque éditeur, et c’est un choix très personnel (même si plusieurs personnes ont lu le texte et donné un avis, c’est en effet l’éditeur qui, in fine, prend le risque, économique et moral, de publier).

Notre objectif n’est pas de produire des auteurs « à la chaîne ». L’écrit que l’on choisit de divulguer au public contient toujours une part intime de soi, et cette intimité doit être respectée, de même que le style, la personnalité de chaque auteur. Et la « production » littéraire a subi un tel emballement ces dernières années, multipliant avec frénésie le nombre de titres parus chaque mois, qu’il ne nous a pas paru nécessaire de venir engorger encore ce « système », où un petit éditeur indépendant se trouve noyé de toute façon (et j’espère que nos amis libraires, les premiers à être confrontés à une telle masse, nous en sauront gré…). Aussi, nous ne prévoyons de publier qu’un maximum de deux à trois titres par an… mais en les défendant vraiment.

Et quand je vous aurai dit que je suis pour l’instant seule à faire « avancer la machine », vous comprendrez encore mieux cette question des délais : si je m’entoure de collaborations ponctuelles fort précieuses, je n’ai pas les moyens de rémunérer de salariés (ni moi-même d’ailleurs), car mes moyens passent avant tout dans la production, la communication nécessaire à la mise en place, et bien sûr la rémunération des auteurs. La possibilité de développer le projet des Netscripteurs passe avant tout par la reconnaissance du public (le mécénat est également envisagé, mais dépendra lui aussi du succès rencontré par les premiers ouvrages).

J’espère donc que ceux qui ont nous adressent des manuscrits (et les lecteurs) seront indulgents et comprendront la raison des longs délais qui nous sont nécessaires…

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Narja 22/01/2010 23:02


Il y a des gens vraiment motivés xD
Tu vois Isa on parle toujours des héros extraordinaires qui sauvent des vies ou je ne sais quoi.
Toi là, ne serais tu pas une héroïne ordinaire, qui passe bien souvent innaperçu, mais oh combien nécessaire à l'enrichissement du monde. Jamais je n'aurais lu le meurtre des nuages, ou Prophets si
tu n'avais eu l'idée de cette maison d'édition, si tu n'avais pas été si courageuse, si justement tu n'avais pas pris ce temps, ces pauses relecture, perfectionnement. Alors juste... bravo Isa.


Tlina 07/05/2009 12:33

Toute seule ? Décidément ce doit être un travail de Titan ! Je t'admire !C'est vrai qu'en tant qu'auteur on a tendance à se montrer impatient, d'auant plus que l'écriture d'un roman c'est aussi un travail de longue haleine...

Isa 07/05/2009 13:10


C'est en effet un boulot de titan et beaucoup de petits éditeurs sont seuls, notamment au début, car cette activité demande beaucoup d'investissement pour peu de rentabilité : difficile de pouvoir
assurer le salaire d'un employé. J'aimerais beaucoup pouvoir embaucher quelqu'un par la suite, surtout pour la partie commerciale (relations avec les libraires, bibliothèques, salons...), et me
consacrer davantage à l'éditorial, mais il faut bien commencer... et seul le succès des livres des Netscripteurs le permettra.