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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 23:56
Lors de la fête du livre de Roussillon en Provence, j’ai eu l’honneur de participer à une table ronde intitulée « Le livre, quel avenir ? » en compagnie des auteurs Jean Lacouture, Raymond Jean, Rufus, Jean Lambertie, et de Gisèle Bonnelly, maire de Roussillon.

Bien que ma participation ait été tout à fait improvisée, j’ai eu à cœur de défendre l’amour de la lecture des jeunes et leur attachement au livre en tant qu’objet. Le livre électronique n’est pas encore pour tout de suite (confort de lecture, plaisir sensuel du papier et de l’objet en lui-même, possibilité de trimballer, de prêter…), même si les possibilités ouvertes par un matériel comme l’iphone semblent prometteuses. À l’heure actuelle, ce sont principalement des ouvrages pour lesquels n’existent plus de droits d’auteur à verser (domaine public) qui sont diffusés ainsi, car ce format nécessite sinon une «sécurisation» du fichier propre à garantir la rémunération de l’auteur (il gagne, rappelons-le, un pourcentage sur les ventes de l’ouvrage appelés «droits d’auteur»).
Vous est-il arrivé de lire sur support électronique (ordinateur, smartphone, livre électronique…) ? Qu’en pensez-vous ?


Au niveau de la création, cela ne change pas grand chose : l’auteur est toujours face à une feuille blanche, virtuelle ou non, sur laquelle il doit matérialiser « l’histoire qui lui trotte dans la tête ».
Les auteurs présents déclaraient utiliser, outre le papier et le stylo (toujours en usage de nos jours, je vous rassure, même par les jeunes auteurs), d’anciennes et vénérables machines à écrire. Selon moi, elles ne diffèrent guère, finalement, d’un ordinateur quelconque pour ce qui est d’inscrire le texte sur un support (hormis l’attachement affectif sans doute, mais on peut également être attaché à son ordinateur ;). L’enregistrement du texte sur un fichier aide à mon avis l’auteur à le retravailler car il peut juger plus facilement de la pertinence de ses modifications en voyant directement « ce que ça donne ». La saisie sur ordinateur présente également l’avantage de faciliter le traitement ultérieur du texte par l’éditeur en vue de sa publication (corrections, transmissions, mise en pages par des logiciels professionnels…). Les derniers travaux sur le texte se font néanmoins toujours sur épreuves papier.
Quelle est l’influence de l’outil (stylo, ordinateur) sur votre travail d’auteur
?

L'Internet est cependant pour moi, au sein des Netscripteurs, un outil privilégié : pour communiquer avec les auteurs (si SoFee L. Grey vit dans les Bouches-du-Rhône, l'auteure du prochain livre publié par les Netscripteurs, Lil Esuria, est de Nancy) et pour communiquer avec les lecteurs et autres partenaires du livre (libraires, organisateurs de manifestations, bibliothécaires...). Le Net évite aux auteurs de se ruiner en frais postaux pour envoyer leurs manuscrits et facilite l'information des libraires par les éditeurs. Le dialogue spontané né par exemple sur le blog de présentation de Prophets, Les Enfants de la Cité maudite m'est très précieux.

Profitant de ce détour sur le travail éditorial, l’animatrice de la table ronde, Jocelyne Battistini, a enchaîné sur le nombre important des livres publiés en France (plus de 69 000 titres en 2008) et des « petits » éditeurs, ainsi que du développement de l’auto-édition (ou édition à compte d’auteur).

La « démocratisation » de l’outil informatique favorise en effet l’auto-édition, mais celle-ci n’est pas nouvelle (le cas de Proust est bien connu) et continue de se différencier d’une « édition avec éditeurs » garante d’une certaine « qualité » par son travail de sélection, sur le texte et son engagement aux côtés des auteurs pour faire connaître le livre.

J’ai aussi souligné l’importance de la diversité éditoriale française : elle garantie une vraie « bibliodiversité » qui permet aux lecteurs d’accéder à une production moins stéréotypée, de trouver le livre qui saura le toucher, lui, et pas forcément son voisin de palier, de découvrir des auteurs, français et étrangers, qui seraient restés totalement inconnus sans l’intérêt d’un passionné peu préoccupé par les best-sellers et qui, contrairement aux « grandes » maisons publie un nombre de titres très limité.

Conjuguée à une autre spécificité qui est « le prix unique du livre », cette diversité éditoriale permet en outre aux «petits» libraires d’exister et de mettre en avant leur fonction de détection d’ouvrages intéressants et de conseil aux lecteurs (l’occasion de rappeler qu’au Etats-Unis, par exemple, la chaîne du livre est devenue l’apanage de grands groupes davantage préoccupés du potentiel purement commercial d’un ouvrage que de son intérêt littéraire ou d’une diversité éditoriale propice à l’enrichissement intellectuel).
Plusieurs auteurs ont fustigé une production française de fiction nombriliste, stéréotypée et sans grand intérêt.

Pour terminer, et puisque nous parlions du rôle des libraires, nous avons tous salué le travail de Serge Kaisin et de sa collaboratrice à La Maison Tacchella, superbe librairie de Roussillon où je vous invite à venir fureter.

(merci à SoFee pour les photos ;-)

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commentaires

Siegfried 11/10/2009 21:38


Tout cela a dû être très interessant, le concept de la table ronde pour discuter et échanger des idées est à mes yeux quelque chose de très enrichissant.
Pour entrer dans le sujet immédiatement en tant que lecteur (et cela n'engage que moi) je préfère lire avec des livres papiers que sur un support informatique. Déjà parce que je n'ai pas un
ordinateur dans mon sac partout où je vais et puis lire sur papier apporte quelque chose de plus, une sensation qu'on ne retrouve pas devant un ordinateur. Bref l'article à déjà énuméré toutes les
raisons, inutile de répéter.
En tant qu'écrivain amateur (et jeune), j'ai commencer à écrire au stylo. mais quand j'ai débuté l'écriture d'un livre (qui ne finira jamais sans doute^^), je me suis vite apperçu que l'ordinateur
serait un outils extraordinaire. Au début j'ai eu du mal à avoir des idées devant un écran puis petit à petit je m'y suis fait. Bref je conseil à tous les écrivains débutant (comme moi) de
travailler devant un ordinateur.
Bonne continuation.


ficelle/sophiePoirier 05/10/2009 11:05


Et je peux témoigner que tu as très bien défendu tes points de vue (plus ouverts que ceux d'un certain monsieur énervé par le nombrilisme) (je me suis contenue un peu à ce moment-là, car je
trouvais ces propos animés davantage d'aigreur que d'analyse).