La maison d'édition / les états d'âme de l'éditeur

Dimanche 4 octobre 2009

*en référence au titre Qui a peur de la littérature ado? par Annie Rolland (Ed. Thierry Magnier)

Une journée organisée par BDP Gaston Deferre
et le groupe PACA de l'ABF
(Association des bibliothécaires de France)
le jeudi 24 septembre 2009
à Marseille
.


Etaient au programme :

Les romans pour adolescents en procès
.
Conférence par Joëlle Turin, formatrice et critique de littérature de jeunesse.

Les livres qui nous dérangent dérangent-ils autant les adolescents ?
Table ronde animée par Françoise Ballanger, formatrice et critique de littérature de jeunesse, avec Jean-Marc Talpin, psychologue clinicien, Soizig Le Bail, directrice de la collection Romans au Editions Thierry Magnier et Joëlle Turin.

Questions et échanges


Bientôt mon petit compte-rendu de cette journée parmi un public de bibliothécaires et documentalistes.
Par Isa
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Dimanche 4 octobre 2009
les 18 et 19 septembre 2009 à Marseille.

Quinze éditeurs de la région PACA invitaient et présentaient quinze éditeurs hors région au cours de ces rencontres bien plus ouvertes que leur intitulé ne le laisse paraître, l’occasion de rappeler la diversité de l’édition française et son intérêt dans un contexte de concentration au sein de grands groupes multimédias.

On pouvait y découvrir des éditeurs engagés qui défendent leurs livres et leurs auteurs malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés (moyens financiers, diffusion, accueil mitigé des libraires).

Deux conférences permettaient d’élargir le débat :

Conférence d’Eric Vigne, directeur de collection chez Gallimard (pas vraiment un « petit » éditeur, mais pas non plus un grand groupe multimédia) et auteur de Le livre et l'éditeur (2d. Klincksieck).
Dans mes notes :
- La prégnance de la communication audiovisuelle favorise les grands groupes multimédias, comme Hachette qui peut faire la promotion de ses ouvrages à travers les médias qui lui appartiennent (TV, radio, presse féminine…).
- Le développement de la vente des livres en grande distribution (grandes surfaces généralistes ou spécialisées) – 25 % du livre de poche – où les productions atypiques sont peu visibles voire absentes, car y figurent principalement les « meilleures ventes » des librairies classiques, c’est-à-dire un choix très limité.
- Une certaine homogénéisation des écritures et des formats dans la production actuelle.
- La définition de l’« indépendance » d’un éditeur à partir de maîtrise de son capital, qui induit l’indépendance dans les choix éditoriaux et une plus grande proximité avec la diffusion/distribution. Elle se traduit souvent (mais pas forcément) par des ouvrages plus originaux, pas forcément dans « l’air du temps », qui peuvent ainsi heurter, mais aussi faire réfléchir en offrant des points de vue à l’encontre des idées reçues.

Conférence de Francis Combes, président de l’association L’Autre Livre et directeur des éditions Le Temps des cerises
.
Dans mes notes :
Environ 3000 maisons d’éditions en France, mais deux groupes (Editis, Hachette) réalisent plus de la moitié du chiffre d’affaires, d’où de grandes disparités dans les moyens financiers, la diffusion, la distribution, la philosophie des éditeurs.
Les éditeurs indépendants sont le lieu privilégié de l’émergence d’une pensée critique qui explore les profondeurs de l’inconscient collectif.
Les éditeurs indépendants sont pénalisés en termes d’accès au marché (conditions des diffuseurs, distributeurs, libraires, possibilités de communication sur leurs ouvrages…).
Parmi les actions et revendications de l’association L’Autre Livre : interpellation des pouvoirs publics, réforme du CNL, entraide des éditeurs notamment pour la diffusion/distribution, le rôle des régions est souligné [notamment à travers les agences régionales du livre], recherche du soutien des lecteurs, militance pour « l’amour des livres »…

Bien sûr, ce n’est là qu’un très bref résumé !
Les éditeurs qui se sont présentés (ou ont présenté leurs confrères) ont permis l’ouverture vers le détail, la spécificité, mais aussi de faire apparaître les caractéristiques communes : la passion, l’engagement vis-à-vis des auteurs, du public, les choix assumés malgré les difficultés.

Ma sélection perso : Agone et L’Échappée pour la réflexion critique, Attila et Cambourakis pour le décalage et l’ouverture, Où sont les enfants et La Compagnie créative pour un nouveau regard sur le livre pour enfants, mais bien d’autres éditeurs, notamment de poésie, pourront retenir votre attention.


Par Isa
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Mardi 28 avril 2009

Hé ! hé ! Cela fait un bon moment que ça me démange, un p’tit article sur l’activité littéraire des jeunes… Eh oui, vous avez bien lu ! Les jeunes font selon moi œuvre littéraire bien plus qu’auparavant grâce à cet outil merveilleux qu’est l’Internet (mais pas seulement, bien sûr, nul n’est besoin d’être un blogueur pour écrire, et tout blogueur n’est pas « écrivain »).

Je lisais récemment l’article d’un quotidien national, suivi de nombreux commentaires, sur « la baisse de niveau en orthographe des jeunes », article basé sur les résultats à je ne sais quelle dictée du feu certificat d’études, fustigeant selon la coutume ce que sont nos jeunes devenus, et en profitant, à la veille d’une grève dans l’Éducation nationale, pour stigmatiser l’incurie de nos enseignants.
Le nombre de fautes d’orthographe émaillant les commentaires (généralement hargneux) était à lui seul éloquent, et témoigne de la difficulté du français moyen à utiliser sa langue maternelle, certificat d’études ou pas, difficulté accrue sur l’Internet par l’utilisation d’un clavier (fautes de frappe) et des messages trop vite relus et « postés ». Cela ne l’empêche pas de montrer du doigt les lacunes d’autrui et de se sentir supérieur… (Il faut dire que c’est devenu un sport national que de dénigrer la jeunesse et les enseignants.)

Sans vouloir entrer trop avant dans cette polémique (qui me fait tout de même ricaner gentiment), je tiens cependant à mettre en avant, pour la défense de nos enseignants, le fait que leur administration est réformée de façon régulière et doit s’adapter à un environnement qui évolue bien plus rapidement que par le passé (ce qui aura peut-être échappé à certains). Si à une certaine époque, un certificat d’études suffisait à trouver un emploi, ce n’est plus le cas aujourd’hui, et même des métiers réputés ne demander que peu de qualification nécessitent maintenant des diplômes, des compétences diverses et surtout une adaptation constante des individus. Cette évolution réclame des enseignements différents, et à différents âges de la vie. Les connaissances sont bien plus accessibles, ce qui importe est de savoir les utiliser. Et, très franchement, je doute que le niveau d’alphabétisation des jeunes ait été très supérieur au début du XXe siècle par rapport au début du XXIe…

La langue française est difficile, c’est un fait, et même les personnes de bon niveau font des fautes, quels que soient leur âge et leur profession, sinon la profession de correcteur n’existerait pas. Je ne nie pas que certains textes soient illisibles (autrement dit incompréhensibles) en raison du nombre de fautes, mais ce n’est pas l’apanage des jeunes générations… Ce que j’apprécie par contre chez ces dernières, c’est à la fois leur envie (besoin) d’écrire et de s’exprimer et leur courageux « passage à l’acte », mais aussi une certaine humilité.

En effet, si c’était au départ surtout une intuition, je suis impressionnée par la réalité, car le développement de pratiques d’écriture totalement libres (c’est-à-dire non imposées par le système scolaire) est une réalité. Même des jeunes en importante difficulté scolaire oseront faire un blog, c’est-à-dire un acte d’écriture travaillé (même succinctement) et exposé à la vue de tous, sans se faire trop d’illusions sur la valeur « littéraire » de leur production mais en cherchant au contraire à l’améliorer grâce aux commentaires de leurs lecteurs.
Je trouve tout simplement merveilleux ce pas dans la démocratisation de la libre expression : on n’a pas besoin d’être intronisé par une caste pour avoir le droit de prendre la parole. Dans une œuvre littéraire, le fond et la forme sont étroitement liés, et l’expression personnelle prévaut pour moi sur la forme, qui elle peut aisément se travailler et se corriger. La forme sans le fond c’est une coquille vide, ce n’est pas de la littérature. C’est l’âme humaine qui lui donne sa force, pas la bonne composition de l’encre sur le papier.

Et concernant la lecture, il n’aura échappé à personne (je l’espère) que le média Internet impose la lecture d’informations écrites (contrairement à la télévision et à la radio). C’est une lecture en effet différente de celle de la lecture d’un livre. Le lecteur y doit effectuer une synthèse d’informations parcellaires ou pléthoriques, émanant de sources diverses plus ou moins fiables, avoir un rôle actif de recherche, et être critique. Ne s’agit-il pas là de qualités appréciables chez tout bon lecteur ? Et cela n’empêche en rien la lecture parallèle de bons vieux livres dans lesquels on se plonge avec délice. La littérature fantasy est à cet égard un bon exemple : la pratique assidue d’Internet ne nuit pas à la lecture par des milliers de jeunes de cycles allant de trois à une quinzaine de volumes. Or, parmi les lecteurs plus âgés, combien peuvent se targuer d’avoir lu tous les Rougon-Macquart de Zola, La Comédie humaine de Balzac, l’œuvre entière de Victor Hugo ?

De nombreux jeunes ne lisent aucun livre (en dehors des lectures scolaires obligatoires, ce qui n’est déjà pas rien), me direz-vous ! Mais pensez-vous sérieusement qu’il n’y en a pas quantité d’adultes qui ne lisent jamais de livres eux non plus ? Les statistiques annuelles diffusées par le ministère de la Culture montrent en effet (et d’une manière régulière) que les plus jeunes lisent davantage de livres que les anciens.

Année 2005 (Source : Insee/DEPS – cité dans Statistiques de la culture, chiffres clés 2009)
Sur 100 personnes de 15 ans et plus, ont lu au moins un livre au cours des 12 derniers mois :

15-29 ans : 66
30-39 ans : 58
40-49 ans : 57
50-59 ans : 56
60-69 ans : 56
70-79 ans : 51
80 ans ou plus : 49
Total : 58
Hommes : 48
Femmes : 67

Dans son ouvrage, Lire des livres en France des années 1930 à 2000 (Éditions du Cercle de la librairie, 2000), Nicole Robine met également en évidence (outre un nombre de lecteurs bien plus important qu’autrefois) que « la jeunesse (enfance et adolescence) reste la période de la vie où on lit le plus », et que le niveau d’instruction et le sexe jouent un rôle bien plus discriminant que l’âge.

Pour ceux qui ne seraient toujours pas convaincus, je les invite à visiter mon skyblog pour y découvrir parmi mes «amis» nombre de blogs de lecture et d’écriture réalisés par des jeunes gens pour leur plaisir et sans aucune contrainte, hormis celles qu’ils se donnent (c’est d’ailleurs à eux que je dédie cet article).
Cessons donc de considérer notre jeunesse d’un œil acerbe, et regardons d’un œil étonné peut-être, mais bienveillant, ce qu’elle est capable de faire.

Par Isa
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Vendredi 19 décembre 2008
À l'attention des libraires :

Passez vos commandes par Dilicom

NOTRE GENCOD : 301.249.048.0016

Par Isa
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Vendredi 28 novembre 2008

Les libraires entrent dans la danse pour faciliter l’accès des lecteurs aux publications des Netscripteurs.

Malgré la connotation «web» des Netscripteurs, j’ai souhaité que nos publications revêtent la forme traditionnelle de «livre papier» (bien que d’autres formes, notamment électroniques, soient également envisagées par la suite).

En effet, même les lecteurs français qui utilisent quotidiennement le support électronique pour leurs loisirs plébiscitent le «livre traditionnel», très peu encore ont fait l’expérience de la lecture sur écran.

J’avoue que pour ma part, si j’ai déjà acheté des « fichiers-livres » à lire sur mon ordinateur (et que j’imprime généralement en fait…), je n’ai pas fait l’acquisition d’une « machine » dédiée à cet usage. Si certains affirment que l’on peut avoir un plaisir de lecture satisfaisant avec un tel matériel (voir les articles très intéressants de François Bon à ce sujet), j’incline plutôt à imaginer l’avenir avec un lecteur plus polyvalent qu’uniquement destiné aux livres…
Cela dit, j’aime tellement le contact du papier… J’ai ce goût un peu fétichiste pour « l’objet-livre » (le summum étant lorsque le fond et la forme sont beaux tous deux et se complètent harmonieusement), je n’ose même pas évoquer l’odeur douce et chaude des reliures de cuir…

De plus, à l’heure actuelle, seule la forme « papier » se voit officiellement reconnaître le statut de livre (comme en témoigne le taux de TVA applicable au livre électronique).

Et le livre «papier» offre aussi cet autre avantage : il est le cœur du métier de libraire, médiateur idéal entre l’auteur et le lecteur, offrant au lecteur un niveau supplémentaire d’appréciation (voire d’expertise) et de conseil, complémentaire à celui de l’éditeur. Encore faut-il qu’il ait de l’intérêt pour le genre littéraire que vous publiez et le public que vous souhaitez toucher… J’avoue que, pour ma part, je lui demanderais volontiers encore davantage, une sorte «d’engagement personnel», un soutien aux petits éditeurs dont ils apprécient la démarche (nombre d’entre eux le font d’ailleurs, et c’est ce qui permet à la France de conserver encore sa «bibliodiversité»).

Je suis à présent, après le long travail éditorial et la partie technique de la fabrication, dans la phase de développement commercial destinée à faciliter l’accès des lecteurs aux livres des Netscripteurs, et me voilà donc partie à la conquête des libraires !
J’avoue être aidée dans cette tâche par le magnifique travail de SoFee L. Grey et la qualité du premier texte qu’elle livre à ses lecteurs. Je ne doute pas que nombreux seront ceux qui tomberont sous le charme de son écriture poétique et violente.

Les libraires qui partageront le projet des Netscripteurs en acceptant de distribuer leurs livres seront annoncés sur une page de ce blog régulièrement mise à jour. La mise en place étant progressive (et les libraires parfois réticents à accorder une place à notre production), venez souvent la visiter pour voir si nos livres arrivent près de chez vous (et n’hésitez pas à en parler à votre libraire afin qu’il nous contacte).

Je vous dirais juste un petit mot supplémentaire sur le premier d’entre eux à nous avoir fait confiance, en l’occurrence Laurent, de la Librairie de Provence, à Aix en Provence. Très apprécié des amateurs de fantasy (dont notre auteur), il fait partager ses passions au cœur d’un rayon consacré, outre à la fantasy, aux autres littératures de l’imaginaire, fantastique, science-fiction, horreur, mais aussi au roman policier. Il faut d’ailleurs quelque perspicacité pour dénicher son rayon (à l’escalier d’accès caché au fond du rayon bd/manga de la librairie), mais cela vaut la peine : large choix de lecture et bon accueil garanti !


Par Isa
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