Mardi 3 novembre 2009
Le week-end dernier, SoFee et moi partions à la rencontre du monde du jeu en participant aux Chimériades, où jeux de rôle et de plateau étaient particulièrement à l’honneur.
Profanes en la matière, nous souhaitions découvrir les gens qui pratiquent ces activités dont les univers sont intimement reliés à la littérature de fantasy.
Ouvertes et sans préjugés, nous avons passé trois excellentes journées riches en rencontres avec des passionnés (auteurs, illustrateurs, éditeurs de jeux, associations de joueurs) dont le travail nous a impressionnées.
Nous avons longuement discuté avec Mathieu Gaborit, bien connu des lecteurs de fantasy par ses romans (Les Chroniques des Crépusculaires, Abyme…) et lui-même grand amateur de jeux de rôle : ses univers sont adaptés en jeux renommés (Agone), reliés au site Internet et au fanzine Souffre-Jour.
L’équipe du Souffre Jour était d’ailleurs présente, avec l’illustratrice Maud Chalmel, le rédac chef Lionna, et autres personnes bien sympathiques (dont je n’ai pas toujours noté le nom…). Leurs publications, qui révèlent de jeunes auteurs de scénarios et de jeunes illustrateurs, sont d’une grande qualité et leur travail mérite d’être salué.
(À noter que d’une manière générale, j’ai été agréablement surprise par le professionnalisme des associations et la qualité vraiment pro de la réalisation des ouvrages de jeu.)
Répondant à son invitation d’une discussion informelle ouverte
à tous autour des littératures de l’imaginaire, ce fut un véritable plaisir d’échanger avec Mathieu Gaborit, de confronter nos points de vue sur des sujets aussi divers que les sources d’inspiration, le travail de l’écrivain (aussi bien l’aspect créatif que la manière de travailler), le fait de se laisser guider ou non par ses personnages, l’influence de la période médiévale, la relation complémentaire et stimulante entre l’auteur et son éditeur, la relation de confiance avec le correcteur, du rejet de la « tour d’ivoire » d’une certaine idée de la littérature…
Julien Delval, illustrateur de jeux et de couvertures de romans pour de nombreux éditeurs, apportait son avis et son ressenti de créateur graphique (je vous invite à visiter son travail, vous m’en direz des nouvelles…).
Les échanges entre les deux auteurs, Mathieu Gaborit et SoFee L. Grey, étaient très enrichissants, de même qu’avec les autres personnes participant à la discussion : créateurs de jeux, de scénarios de JDR, meneurs de jeu, tous lecteurs et amateurs de fantasy.
SoFee se joint à moi pour remercier Mathieu pour sa gentillesse et pour nous avoir donner l’occasion d’une telle rencontre. Merci à Philippe de nous avoir associées à cette thématique qui il est vrai nous tenait à cœur : le lien entre littérature et jeu de rôle.
J’en profite pour enchaîner avec nos voisins de stand, Lionel, Claude et Olivier Sanfilippo de l’association ForgeSonges, collectif de créatifs réunis autour de projets communs afin de mieux les matérialiser.
Cette association a ainsi édité plusieurs jeux de rôle et organise le concours de création de jeu de rôle Démiurges en herbe (attention ! il démarre le 8 novembre cette année).
Ils sont également ouverts à la bd et au roman, comme en témoigne le concours Plumes en herbe qui permet aux dix nouvelles sélectionnées d’être publiées par les éditions Icare. Lors de la discussion avec Mathieu Gaborit, Lionel, lui-même enseignant, a mis en évidence l’intérêt pédagogique et créatif du jeu de rôle, reconnu dans le monde de l’éducation et de la formation en entreprise ; ne manque plus que sa reconnaissance en tant que loisir, mise à mal par une campagne médiatique et la suspicion parentale. Je tiens pour ma part à souligner l’aspect social de la démarche des rôlistes, active et renouant avec la pratique du conte ou de la veillée ancestrale partagée à plusieurs, dans une société où les loisirs sont parfois très passifs et individualistes.
Impossible bien sûr de citer toutes les rencontres de ces trois jours, grandement facilitées par la grande convivialité de cette manifestation, je souhaite cependant saluer Eric Browet, président de l’association des Joueurs de Chimères qui s’attache à promouvoir le jeu de simulation, dont le jeu de rôle, en Picardie.
À noter que pour fêter ses 15 ans, l’association organise une convention de jeux de rôle les 28 et 29 novembre 2009 à Pont-Sainte-Maxence (Oise). Faites le pas et confiez votre initiation aux Joueurs de Chimères, bonne humeur garantie ! J’espère pour ma part que, malgré la distance, nous nous retrouverons sur d’autres manifestations.
Pour terminer, un grand coup de chapeau aux organisateurs de l’association Rêvalité, Philippe, Camille et tous les autres (sans oublier les cuisinières qui nous ont régalés), c’est une bien belle fête qu’ils nous ont fait partager, dont la convivialité était à l’image de la gentillesse des participants !
Nous convions les nouveaux lecteurs de Prophets, Les Enfants de la Cité maudite à venir commenter leur lecture sur le blog de présentation du livre.
Par Isa
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Publié dans : Les manifestations
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Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Bien que ma participation ait été tout à fait improvisée, j’ai eu à cœur de défendre
l’amour de la lecture des jeunes et leur attachement au livre en tant qu’objet. Le livre électronique n’est pas encore pour tout de suite (confort de lecture, plaisir sensuel du papier et de
l’objet en lui-même, possibilité de trimballer, de prêter…), même si les possibilités ouvertes par un matériel comme l’iphone semblent prometteuses. À l’heure actuelle, ce sont principalement des
ouvrages pour lesquels n’existent plus de droits d’auteur à verser (domaine public) qui sont diffusés ainsi, car ce format nécessite sinon une «sécurisation» du fichier propre à garantir la
rémunération de l’auteur (il gagne, rappelons-le, un pourcentage sur les ventes de l’ouvrage appelés «droits d’auteur»).
aux lecteurs d’accéder à une production moins stéréotypée, de trouver le livre qui saura le toucher, lui, et pas forcément son voisin de palier, de
découvrir des auteurs, français et étrangers, qui seraient restés totalement inconnus sans l’intérêt d’un passionné peu préoccupé par les best-sellers et qui, contrairement aux « grandes » maisons
publie un nombre de titres très limité.

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